Homélie de la Messe de Justification de petite Marie



Parmi les effets de grâce que les enfants qui ne sont pas nés n’ont pas reçus, n’ayant pas reçu le Baptême, il y a deux de ces fruits que nous pouvons encore contribuer à envelopper les enfants et à faire pénétrer en eux pour qu’ils en resplendissent.

C’est ce que Jésus appelle à la Fin du monde en disant :
« J’étais nu et vous m’avez revêtu, vous m’avez habillé.
- Et quand est-ce que nous t’avons vu être tout nu et que nous t’avons revêtu ?
- En vérité, quand vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
(Matthieu 25, 34-38)

Ce revêtement n’est pas un Sacrement mais il relève quand même du Signe vivant de la Nativité. Il y a un revêtement de l’Intériorité sponsale de Marie et Joseph dans cette TransSpiration active du Père et du Fils comme Epoux et Epouse, et dans la Trinité de Dieu ils ont un Papa et une Maman. C’est exactement le contraire du Shiqoutsim Meshomem qui veut retirer le Papa et la Maman et qui veut retirer l’origine d’Amour de la Lumière.

Un enfant, nous pouvons lui donner la Justification et l’Incorporation.
C’est ce que nous faisons pour petite Marie aujourd’hui.

Petite Marie, tu vois, tu es déposée sur notre Autel et tout s’ouvre parce que nous avons pénétré à l’intérieur de ton cœur, nous avons pénétré à l’intérieur de ta conception, nous avons pénétré à l’intérieur de la dilatation de ton Oui, de ton Oui à l’existence, de ta liberté intérieure très pure, très vaste, très puissante, nous avons habité avec le monde angélique dans ce qu’il y a de plus grand et de plus fort en Dieu dans la plus petite petitesse des existences qui est le début de notre acquiescement au nom qui nous est donné, nous avons pénétré dans cette chambre nuptiale qui est la tienne, nous t’avons découverte dans le nom de Marie inscrit dans le Livre de la Vie et nous faisons surabonder la Lumière surnaturelle de la foi pour que tu sois ajustée à Jésus, que tu sois justifiée, que tu sois ajustée à Dieu, que tu sois ajustée à la Lumière née de la Lumière et que tu sois toi-même dans ton âme Lumière divine née de la Lumière divine et désormais inséparée de l’Emanation du Saint-Esprit dans cette Lumière née de la Lumière que tu deviens toi-même dans la Lumière surnaturelle de la foi.

Et voilà donc que s’efface d’un seul coup, comme une Absolution merveilleuse à l’intérieur d’une Flamme désormais inextinguible, la tache du péché originel.

Il y aura encore à offrir beaucoup, à recevoir beaucoup, à surabonder beaucoup, à être transformée surnaturellement et divinement beaucoup, mais voilà qu’ainsi arrachée au pouvoir de la réprobation éternelle par le Sang et le Nom de Jésus, voilà que tu es incorporée et transplantée. Par la foi nous disons à cette montagne de vie qui porte ton nom : « Arrache-toi et vas te planter dans la mer » et l’Arbre de la Croix de Jésus se plante dans tous les instants de ta vie pour que tu sois la terre qui porte l’Arbre de la Croix. Tu fais partie de l’Arbre de la Croix, tu es incorporée.

Sur les cinq effets du Sacrement de Baptême, l’enfant ne peut recevoir que ces deux effets. Marie est très heureuse de pouvoir recevoir cela par la puissance de la Messe. C’est un Baptême eucharistique. C’est l’Agneau qui baptise dans l’Esprit Saint et dans le Feu. Elle est incorporée dans l’Agneau comme membre vivant de l’Agneau. Elle est justifiée, elle est rendue juste, c’est-à-dire parfaitement ajustée à Jésus-Christ crucifié et du coup elle peut participer à l’Eglise militante, elle est incorporée.

Chaque nuit nous les baptisons de désir déjà – là c’est plus que le Baptême de désir – c’est-à-dire que nous réactualisons chaque nuit dans tous les enfants qui doivent vivre et mourir leur Oui originel. C’est comme les âmes du Purgatoire qui ne peuvent pas exprimer une larme de contrition sur des péchés qu’elles ont commis sur la terre s’il n’y pas quelqu’un qui vient en elle et exprime cette contrition en disant : « Ce n’est pas seulement horrible, ces péchés que tu t’étais permis de faire, c’est à pleurer des larmes de sang, et je pleure des larmes de sang que tu aies considéré que ces péchés-là c’était normal ». S’il n’y a pas quelqu’un qui va vers elle, l’âme du Purgatoire ne peut pas avoir une contrition pour ses péchés. C’est pareil pour les enfants. Il faut réactualiser ce Fiat originel de leur innocence qui s’est arrêté, et du coup ils peuvent éprouver et voir se déployer les grandes ouvertures des portes que ce désir de Baptême opère comme dilatation intérieure dans leur Mémoire de Dieu.

Ici, cette dilatation fait partie de la matière, mais la forme elle-même de la Justification et de l’Incorporation est vraiment dans le Cœur eucharistique de Jésus. Quand il y a des apparitions de Jésus Eucharistie, quand l’Hostie se déploie et qu’on voit Jésus dans l’Hostie, c’est toujours un enfant. Je pense par exemple à une amie qui à chaque fois qu’elle allait à la Messe – elle pensait que tout le monde le voyait comme elle – voyait un petit enfant qui se promenait dans les travées de l’Eglise de l’Immaculée Conception et venait s’asseoir sur ses genoux, et puis au moment de la Consécration l’enfant sautait de ses genoux en disant : « C’est le moment, je dois partir », courait vers l’Autel, grimpait sur l’Autel et au moment de la TransSubstantiation s’incorporait et disparaissait dans l’Hostie. Et c’est à ce moment-là que l’Hostie est brisée, déchirée : Jésus crucifié.

L’Eucharistie est vraiment le lieu de la Rédemption embryonnaire du Fils Unique de Dieu dans la Justification et c’est ce qui permet d’éclore ensuite dans un Baptême qu’on appelle le Noël glorieux, qui lui est le propre des surabondances du Noël du cinquième Sceau de l’Apocalypse. Là oui, un seul suffit. C’est un à un, c’est bien évident, parce qu'un seul suffit à entraîner tous les autres. Comme le dit la Messe : « Pro se suisque omnibus », c’est pour toi et c’est pour tous ceux qui sont comme toi, et pour tous les tiens, « pro redemptione animarum suarum », pour la Rédemption de ton âme, « pro spe salutis », pour l’espérance du Salut, « et incolumitatis suae », et ta croissance dans la sainteté ineffable jusqu’à ce qu’elle atteigne sa plénitude, « tibique reddunt vota sua aeterno Deo vivo et vero » désormais d’avoir atteint le Cœur Intime et Substantiel, Hypostatique de Dieu.

Nous célébrons cette Messe de Justification. Ce n’est pas un Baptême d’eau, mais c’est dans le Baptême de désir, à l’orient, à l’occident, au septentrion et au midi. Que ce Baptême de désir s’épanouisse et s’ouvre dans le Nom que Dieu vous a donné en Jésus-Christ Notre-Seigneur.

« Jésus, Marie, Joseph, je vous aime, ayez pitié de nous, sauvez toutes les âmes. Amen. »

Petite Marie, que ce Baptême de Feu vous dépose sur cet Autel dans le Nom qui vous a été conféré pour être transportée et incorporée dans l’Agneau de Dieu dès cette terre pour que votre existence soit un Noël perpétuel, immortel, jusqu’au Noël glorieux de Notre-Seigneur Jésus-Christ entier et vivant. Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.