Homélie de la Messe de Justification de Nathanaël



Nous allons nous arrêter, par obéissance je vais parler. Nous nous arrêtons un peu parce que c’est dimanche et le seizième dimanche ; et aussi parce que notre intention du matin, c’est le baptême d’un enfant qui n’est pas né. Cet enfant s’appelle Nathanaël. C’est le quatrième enfant que nous baptisons pendant ce petit séjour.

Un enfant, s’il est non-né – par avortement naturel ou autrement, peu importe – n’a pas reçu la grâce, il est avec son âme toute native, toute déterminée par la gratitude de sa vie. Parce que ce qui domine quand nous commençons à exister, c’est la joie d’exister et aussi la gratitude pour ceux qui nous ont donné la vie.

Chez nous à Montmorin, le Père Emmanuel de Floris disait toujours ceci : « C’est évident que, quand je vois ce que je suis devenu à mon âge, je comprends très très bien que je puisse aller en enfer. Au fond je ne l’aurais pas volé parce que je vois que malgré mes quatre-vingts ans je ne vaux pas mieux que les… alors ma foi de temps en temps je vois que, à bien regarder, je pourrais bien aller en enfer. Et je n’arrive pas à me corriger ! Et je reste quelquefois des heures comme ça devant Dieu, en sachant que je suis réprouvé. Et quand je vais jusqu’au fond de cet état de réprobation, eh bien je suis finalement réconforté : parce que je vois que dans le fond il y a ce fait que j’existe, et je suis TRÈS CONTENT d’exister. Et en enfer il y a cette joie de vivre et d’exister. »

Il est d’ailleurs marqué dans le livre de l’Apocalypse que ceux qui sont en enfer louent le Seigneur, Lui rendent grâce et L’adorent, ils se mettent sous Sa dépendance. Ils ont la gratitude aussi de Celui qui a donné Sa vie pour que leur détresse, qui surabonde à la peine du dam qui elle ne disparaîtra jamais, soit atténuée.

C’est une très grande partie des souffrances de Jésus à Gethsémani, cela : toutes ces souffrances TO-TA-LE-MENT impossibles à supporter par une nature humaine en enfer, dans le tartare, Jésus les a prises sur Lui pour les retirer aux réprouvés. Ils restent des réprouvés éternels, personne n’ignore que ce sont des choses épouvantables mais ce qu’il y a d’impossible à supporter, Jésus l’a pris sur Lui. Il a pu le faire puisqu’Il ne pouvait pas mourir. D’ailleurs Sa mort n’a pas eu pour cause ces souffrances, des myriades de fois mortelles.

Et le Père Emmanuel disait ça : « Là j’existe, eh bien je suis content ! Vous n’êtes pas comme ça, vous ? J’existe, eh bien, je suis content. J’aurai toujours ça alors ça me réconforte un peu. »

Vous voyez, l’enfant qui n’est pas né – il y en a beaucoup, hein ? – nos enfants, on se dit : « Après tout, ils doivent m’en vouloir quelque part de les avoir oubliés, abandonnés… ». Vous vous rendez compte ? Un enfant, vous le laissez à la naissance, là ? Vous le laissez sur un bout de tapis, vous ne le regardez jamais ! Vous ne lui donnez pas à manger, vous ne lui donnez pas à boire, il reste tout nu, les chiens passent par là, des grands coups de pied dans le ventre parce qu’on le voit pas…

Mais il existe !

Il ne voit jamais son papa, il ne voit jamais sa maman, je veux dire, il ne les voit pas puisque ce sont plutôt les papas et les mamans qui ne le voient plus ; mais lui il est là, il regarde, il est toute attente, il va rester comme ça, grandir même puisqu’en raison de ce que dit le Concile de Vienne, l’âme est la forme substantielle du corps donc en raison des lois biologiques, de l’union avec le corps, et étant donné que les cellules staminales sponsales ont encore une quarantaine d’années d’existence et de vie, il continue de grandir.

Alors on pourrait dire : « Il est très malheureux », on parle quelquefois du cri silencieux, il y a quelquefois des sites sur internet où on voit des images atroces de ces corps, de leurs corps vraiment complètement déchiquetés. On est loin de la vérité quand on rentre dans ces sites parce qu’en fait dans leur âme il y a une immense, une immense dilatation métaphysique ; elle est métaphysique ou si vous préférez, elle est mystique, parce que l’odeur de la joie créatrice de Dieu est encore en eux, alors il y a une gratitude.

Et alors, je viens de la maman, je viens de cette humanité. Nous savons qu'ils restent en attente dans le temps. Rome a parlé pour dire ça. Et nous savons aussi qu’un jour, au Jugement comme nous venons de le lire dans l’Evangile, ils ressusciteront dans le Royaume, après avoir été emportés et intégrés dans la vie divine surnaturelle de la grâce sanctifiante.

Jésus l’a bien dit, ce sont les enfants du Royaume !

Donc ces enfants ont vis-à-vis de nous de la gratitude. Nous le voyons d’ailleurs quand nous prions avec eux, quand nous les entendons gazouiller ; nous le voyons quand nous les entendons à la Messe ou quand nous les voyons tout simplement, ou quand nous avons pour ainsi dire, avec l’Amour que Dieu nous donne, cette capacité, cette possibilité, cette chance de pouvoir rentrer dans l’espace intérieur de leur vie toute dilatée de désir, dans leur innocence et la signification sponsale de leur vie intérieure.

Et ils savent de toute façon que chaque seconde qui les sépare est méritoire. Ils savent que le Oui du Verbe de Dieu qui les a illuminés lorsqu’ils ont commencé à exister dans ce monde, dilate encore, parce que dans leur liberté, leur lucidité, leur conscience d’Amour, eh bien ce Oui d’Amour devient de plus en plus un Oui d’Amour. Ce Oui d’Amour est un Oui d’espérance et c’est un Oui de charité, mais ils ont besoin d’y voir conjoindre la petite graine de moutarde, la plus petite des plantes potagères, celle d’où vient surgir du dedans d’eux-mêmes l’arbre de la vie, celle où circule la vision béatifique des anges bénis et glorieux de Dieu, la plus grande des arbres du potager.

C’est Marie qui a fait cela, elle a enfoui dans trois mesures de farine, en son Immaculée Conception elle a traversé toutes les conceptions humaines. C’est beau ça !

Et l’heure est venue ; vous savez pendant des siècles ça a toujours existé, des enfants que l’on n’a pas pu baptiser, on n’est pas au premier siècle de la Sainte Eglise quand même, c’est vrai !

[A une personne qui entre] Il y a tout ce qu’il faut. Laissez la porte ouverte ; il ne faut pas ouvrir la porte, la fermer, ouvrir la porte, la fermer ; laissez la grand’ ouverte…

C’est comme pour nos enfants, il faut ouvrir une porte, il faut que de là où ils sont, ils rentrent librement à l’intérieur du cœur de l’Église.

C’est à l’Église de leur ouvrir la porte.

Vous voyez, pendant des siècles et des siècles l’Église a posé son regard sur ces enfants-là, mais au jour où nous sommes, elle s’oblige à donner une parole, elle s’oblige à faire d’eux des témoins. Le Saint Esprit et le Ciel pressent toute la grâce de la Jérusalem d’aujourd’hui à se pencher vers eux et à les revêtir d’une aube sacerdotale.

Parce qu’elle commence à entendre leurs cris.
L’Église commence à entendre ce qui se passe dans le Saint des Saints de la création originelle.
Le Pape a entendu ce bruit. Le Pape a entendu les pas de Dieu dans le jardin de l’innocence.
Le Pape a prié. Le Pape a parlé. Le Pape a demandé. Le Pape a mobilisé, pour qu’on se tourne vers eux à chaque Messe, EX-PLI-CI-TE-MENT. Le Pape a expliqué. Le Pape n’a pas été entendu.

Mais nous, nous sommes dans le cœur du Saint-Père, avec le Saint-Père parce que c’est sur lui que Dieu, Jésus a bâti son Église, et que les puissances de l’enfer ne prévaudront jamais contre l’Église, lorsqu’on rentre et qu’on se soude, si je puis dire, de manière vivante et pénétrante, dans la pierre angulaire, jusqu’à la voûte d’en-haut. Et c’est ce que nous faisons.

Le Pape a succédé, il a demandé la même chose.

Alors c’est ce que nous faisons, la Messe de ce matin est pour Nathanaël, un petit garçon.

L’Église, c’est ça qui est extraordinaire, l’Église se voit déposer entre ses mains fragiles, mais fortifiées par le Christ mort et ressuscité, rendue forte, rendue invincible et surtout dégoulinante de l’huile vivifiante de la grâce, elle a donné autorité pour communiquer tous les mérites du Christ aux hommes qui sont assoiffés, dès lors que leur âme s’ouvre largement à la présence de la grâce.

Et c’est au pouvoir des clés du Saint-Père de pouvoir obtenir cette grâce à ces enfants qui sont sous l’Autel.

C’est ce qui a été fait, dès lors que nous avons ouvert les portes, par le Magistère ordinaire c’est vrai, de l’Église, sur ces enfants, sous trois pontificats successifs !

Donc les portes sont ouvertes, ça veut dire que : nous savons qu’ils sont là, nous savons comment ils sont là, nous savons qu’ils demeurent là, nous savons l’état de gratitude dans lequel ils sont, nous savons la joie qu’ils ont de pouvoir être regardés par Dieu à travers le regard de l’Église d’aujourd’hui : des enfants du Royaume, des enfants du Monde Nouveau.

Et donc leur âme s’ouvre largement à la grâce parce que depuis l’an 2000 exactement, les portes se sont ouvertes sur eux en raison du Monde Nouveau institué par le Saint-Père.

Des portes qui s’ouvrent sur eux, non pas pour les sauver de la mort mais pour faire de leur mort une joie supplémentaire et aussi permettre qu’il y ait cette rencontre.

Voyez quand la femme enfouit du levain dans trois mesures de farine, est-ce qu’on ne peut pas voir là aussi quelque chose de l’innocence originelle, de l’origine en Dieu qui va s’enfouir ?

C’est l’Église qui l’enfouit, cela, dans la nourriture de la foi, de l’espérance et de la charité, qui permet à cette semence de pouvoir être transplantée à l’intérieur de la Très Sainte Trinité, par la grâce.

Le Saint-Père a dit ceci : quand Dieu crée l’âme du petit enfant, il se revêt, se déploie dans toute son innocence, il place son je suis dans le Je suis de Dieu, et il se voit en tout son parcours, avec l’inscription de cela, de son nom dans le Livre de la Vie.

Et tout ce parcours qui est devant lui s’inscrit en lui en sa Memoria, dans sa mémoire, dans son innocence. Cette innocence est une innocence qui s’exprime dans un acquiescement, une dilatation, une gratitude comme je vous l’ai dit, mais en même temps une puissance spirituelle intérieure et une AUTORITÉ sur tout le mal qui pourrait s’abattre sur lui tout au long de ses jours, jusqu’à ce qu’il soit admis au jour de la grâce et surtout au jour de la Résurrection.

A partir du moment où l’Église a touché ce point pour tous les enfants qui ne sont pas nés, eh bien elle a ouvert le regard de l’Église, le regard sacerdotal, le regard prophétique et le regard royal de tous ceux qui ont compris que le dogme de l’Immaculée Conception a ouvert dans le temps de l’Église le jour où on peut y pénétrer et revêtir de l’intérieur la robe de lin immaculée.

C’est la même robe que celle des deux anges d’hier : stolèn leuken (en grec), une robe sacerdotale, la robe d’innocence dont on peut les revêtir, c’est-à-dire cette capacité que nous avons, avec l’Immaculée Conception, l’Union Hypostatique dans le Saint des Saints de la Paternité de Dieu, de descendre, de nous introduire, de nous élancer, de nous engloutir, de faire lever la pâte de la présence du Père, du Fils, du Saint Esprit en Marie, à l’intérieur de leur âme, et qu’ils soient donc revêtus intérieurement du sacerdoce prophétique des temps nouveaux.

C’est la signification de la Messe que nous célébrons ce matin, une Messe de Justification.

Le Père qui est là, qui est un grand théologien, vous le dira : un enfant qui a été avorté est mort donc on ne peut plus le baptiser, le sacrement est pour ceux qui ne sont pas morts. Parce qu’il y a des gens qui vont organiser par exemple le sacrement du mariage : « Voilà, j’aimais beaucoup ce jeune homme, il était tellement splendide ! Il est mort. Bon, je vais après les funérailles sur la tombe et je demande à l’évêque de nous marier. ». Non, ça marche pas, le sacrement c’est pour ceux qui sont vivants.

Alors vous me direz, à chaque fois que le prêtre passe devant un cimetière, s’il est dans un TGV ou un avion et qu’il aperçoit un cimetière, tout de suite spontanément il fait l’absolution, il dit, s’il y a une âme qui est là encore à attendre : « Ego te absolvo ab omnibus peccatis tuis ». Spontanément il le fait mais ce n’est pas un sacrement, c’est le fruit du sacrement, c’est une surabondance mystique du sacrement. Il le fait et l’âme est délivrée, c’est certain, à proportion précisément de sa soif de recevoir l’absolution.

Et c’est pareil pour les enfants. On ne peut pas les baptiser, l’Église l’a toujours dit. Mais elle n’avait jamais donné le chemin d’amour pour eux. On ne se rend pas compte mais c’est récent ! Et c’est urgent aussi.

Souvent on dit : « Mais il faut avoir de l’amour pour les pauvres » : il faut avoir de l’amour pour les assoiffés, il faut avoir de l’amour pour celui qui n’a jamais mangé, qui a faim, il faut avoir de l’amour pour celui qui n’est pas revêtu, qui n’a pas de demeure, de maison, qui court partout, tout content d’exister mais il serait tellement bien s’il avait une famille !

Il est blessé aussi ! C’est vrai qu’il y a aussi, je suis d’accord, il y a aussi le cri silencieux de sa détresse, de la manière dont il est parti. Il y a eu un arrachement quand même, il n’y a pas que de la gratitude dans l’âme et la conscience d’amour d’un enfant qui est roi fraternel de l’univers.

Mais il sait que s’il a été conçu dans l’image et la ressemblance de Dieu, comme dit le Canon numéro quatre, c’est pour qu’il puisse être serviteur, disponible au premier appel de Dieu et qu’en servant le Seigneur, il puisse régner sur la Création tout entière. Ces enfants-là le savent. Ils sont lucides. Ce sont les enfants de l’innocence et de l’espérance. Ils sont pleins d’amour et si l’amour leur est donné dans le cœur de quelqu’un d’autre, ils s’en nourrissent immédiatement.

Nous, les adultes, nous avons beaucoup plus de mal à avoir de l’amour parce que nous n'allons pas le recevoir du cœur de quelqu’un d’autre souvent. Nous disons : « C’est moi qui aime, ce n’est pas l’autre, ce n’est pas l’amour de l’autre qui nourrit mon cœur ». Si bien que l’amour spirituel n’existe plus tellement chez les humains qui sont nés.

Mais chez les humains qui ne sont pas nés, c’est différent ; la puissance d’amour, la conscience d’amour est très vive, très libre, pas du tout entravée.

On a, à cause de la science, c’est-à-dire à cause de l’athéisme, du matérialisme, de l’existentialisme et de la dialectique, à cause des sept têtes du dragon rouge en fait, à cause de ça on a une vision sur l’âme humaine, de l’image ressemblance de Dieu dans les neuf premiers mois de la vie, comme étant quelque chose d’insignifiant : « Bah, c’est une bousculade de molécules ! C’est un amas de cellules ! Tiens voilà, tu prends un petit peu de gras et ça fait une petite boule, un amas de molécules, il n’y a rien là-dedans. Peut-être un jour ça deviendra une personne humaine. C’est une espèce de petit truc, en plus gluant. » Les arabes disent « nutfa », « ’alaqa » et « mudgha », parce qu’il y a les trois stades pour l’Islam. Effectivement les trois stades existent mais c’est toujours gluant, minuscule, plutôt écœurant matériellement, quand on regarde au microscope.

Comme dit l’ange Gabriel au prophète Daniel : mais comment est-ce qu’ils font pour voir, pénétrer et être à l’origine de l’âme ? Comme dit l’ange Gabriel au prophète Daniel : et alors ? Quand Dieu la crée ?

Et c’est vrai qu’aujourd’hui on a un mal fou et on a complètement perdu… c’est pour ça que l’Église et le Pape ont été obligés de proclamer le dogme de l’Immaculée Conception. Ce n’est pas vieux. Sainte Bernadette est presque une contemporaine. Ce n’est pas Saint Césaire d’Arles ou Saint Benoît. Sainte Bernadette est une contemporaine. « Je suis l’Immaculée Conception » : trois ans et demi après, mille deux cent quatre-vingt-dix jours après la proclamation du dogme par le Pape !

Et que dit le dogme ?

Il dit qu’un enfant qui est créé par Dieu au début, neuf mois avant la naissance – nous le voyons avec Marie et tout le monde doit le croire – a une liberté, une vie intérieure, une conscience d’amour, une puissance spirituelle d’amour, une puissance spirituelle contemplative de lumière (un intellect agent), une puissance de liberté intérieure capable de se dilater et de prendre sa responsabilité dès ce premier instant sur le gouvernement de tout l’univers et tout ce que Dieu crée y compris la grâce.

Et que Marie reçoit à l’intérieur d’elle cette plénitude contemplative de lucidité, de lumière. Et elle a aussi la plénitude de grâce, donc les sept dons du Saint-Esprit dans l’âme de l’Immaculée Conception se déploient à l’intérieur d’elle librement, dans le pèlerinage qu’elle fait mystiquement à travers son corps qui est récepteur et diffuseur de cette grâce dans toute la matière vivante de l’univers, dans la nature humaine entière ! Et cette sainteté, cette charité, cette véhémence, cette générosité, pour donner tout ce qu’elle a reçu, ne cesse d’AUG-MEN-TER.

Ça, c’est un dogme ! D’ailleurs l’Ange le dit dans l’Évangile : « Je vous salue Marie » : « Shalaom Imakh Myriam », « mleat resed » : « plénitude de grâce ». Elle est PLÉNITUDE de grâce.

Eh oui, la grâce, si elle a sa dimension contemplative – sinon il n’y a pas d’oraison, c’est sûr, donc pas de transformation –, est immédiatement mobilisée pour la transformation du monde.

C’est pour cela que l’Immaculée Conception, à l’instant même de son Immaculée Conception, écrase la tête de Satan et change la nature humaine tout entière. C’est un changement. Saint Thomas d’Aquin dirait, s’il avait été après le dogme, que c’est un changement spécifique ; c’est l’espèce humaine qui a changé de forme humaine, avec l’Immaculée Conception, en raison de sa liberté, en raison de son autorité, en raison de sa vie libre, lucide, contemplative d’amour, soulevée par l’Esprit Saint, coopérant parce que la grâce sanctifiante est une grâce coopérante, soulevée par l’océan de paix qui d’elle se communique, et elle renonce à son propre amour pour se nourrir du feu d’amour qui est, qui sera, et qui suppliera, dans l’Union Hypostatique de Jésus, pour donner à cet amour une dimension de pénétration jusqu’à l’intérieur de la Très Sainte Trinité, dès le premier instant de sa conception d’Immaculée Conception.

C’est pour ça que Jésus dit aujourd’hui : la femme enfouit du levain dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que la pâte soit levée. Si vous avez une autre interprétation que cette interprétation littérale, écrivez-nous, ça nous intéresse. C’est l’interprétation immédiate, vous comprenez ?

Alors aujourd’hui, au milieu d’un monde de ténèbres, d’aveuglement, nous rentrons dans cette Lumière, nous revêtons de l’intérieur ces enfants qui ne sont pas revêtus, nous les portons dans l’onction de l’huile vivifiante qui dégouline merveilleusement d’un faisceau de myrrhe élevé dans la croix de l’Union Hypostatique de Jésus et qui fait le fond de l’enfouissement dans la pâte, nous les portons sur l’âne – c’est-à-dire toute notre force de vie – à l’intérieur de l’Église. Ces enfants-là, vous voyez, nous ne les laissons pas sur le bord du chemin.

Et nous pouvons le faire maintenant, nous pouvons le faire, pas depuis longtemps. C’est beau de savoir qu’on peut faire ça pour son enfant, et de le faire.

Vous voyez, à chaque fois que vous rencontrez une femme, vous dites : « Allez donc sur le site non-nes.com pour savoir ce que l’Église dit et ce que le Saint-Père propose qu’on puisse faire ».

Et si on le fait pas, ce n’est pas bien, parce que Jésus va venir vous savez, et Il va dire :

« J’étais nu et vous ne m’avez pas revêtu », le revêtement dans la Bible représente les sacrements, « j’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger, vous avez célébré la Messe sans me donner la communion mystiquement, explicitement. J’étais sur le bord du chemin, agonisant, vous n’êtes pas venus me voir. »

C’est vrai, on n’a pas dit mille onctions merveilleuses de l’innocence triomphante de Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour donner à leur vie donnée une signification parfumée dans le nard de Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour faire d’eux les porte-paroles de l’Immaculée Conception et de l’Union Hypostatique déchirée de Jésus, dans le sein du Père.

« J’étais sans toit et vous ne m’avez pas accueilli dans la maison ».

Nous ne pouvons pas les oublier. Oui, nous allons les remettre dans la famille nouvelle, nous recevons leurs prénoms, nous nous approchons d’eux. Elle est belle, la parabole du bon Samaritain !

Et les gens vont dire : « Mais attends, quand est-ce que nous avons vu des gens qui étaient pauvres là, et que nous ne les avons pas aidés ? Nous avons fait tout ce que nous avons pu ! ».

Et Jésus répond : « Lorsque vous ne l’avez pas fait à ces tout-tout-petits », en grec ça désigne l’embryon, ça désigne l’enfant, ou embryon ou vraiment tout nouveau-né, « c’est à moi que vous ne l’avez pas fait ».

Ça veut dire qu’au moment des évènements, des derniers sceaux de l’Apocalypse, le jugement porte pratiquement uniquement là-dessus ! Impressionnant !

Cette accélération asymptotique n’est pas seulement à cause du nombre. Il est vrai que depuis le Concile Vatican II, il y a eu deux cents milliards d’enfants avortés ! Avant il y avait beaucoup plus de gens qui naissaient que de gens qui ne pouvaient pas naître. Cette accélération incroyable, vertigineuse, du cri silencieux des enfants non-nés est un phénomène nouveau, qui signe d’ailleurs la rage satanique et le temps de la fin.

Et il est nécessaire que l’Église s’y penche hardiment, avec l’Etendard de Jésus et de Marie et de l’innocence, pour chasser toutes les séquelles du péché originel de leur âme et les justifier, les introduire dans le Corps mystique vivant de Jésus vivant, comme membre vivant de Son Union Hypostatique commençante, pour être le chemin pour nous et pour l’Église de la Jérusalem d’aujourd’hui de pénétrer dans le Saint des Saints de la Paternité menacée par le démon.

Puisque comme le Père disait hier : aujourd’hui c’est différent des autres jours que l’humanité a connus, parce qu’aujourd’hui les deux mains de l’humanité, comment avez-vous dit ?, les deux mains de notre humanité s’enfoncent et se plongent dans ce que Satan veut faire de pire contre Dieu, c’est-à-dire dans l’innocence ouverte, libre, créée par Dieu, dans le Oui originel de notre existence enracinée, inséparée, inséparable à cause des trois puissances de notre vie surnaturelle, de notre vie spirituelle.

Alors c’est quand même différent ! Et comme le principe d’iniquité est là … ce n’est pas lui, ce n’est pas parce que l’ivraie a poussé que du coup le blé pousse aussi, nous sommes d’accord là-dessus.

Mais n’empêche que quand on voit le principe d’iniquité déborder, dépasser, aller plus loin, c’est là qu’on se préoccupe. Dans la parabole, vous remarquez bien, on ne s’est jamais préoccupé de l’ivraie tant que l’ivraie n’a pas dépassé le blé. Et les gens ne sont venus voir le maître de la moisson que quand on ne voyait plus que de l’ivraie. Parce que l’ivraie vous savez, elle passe derrière, puis au dernier moment elle dépasse ! Pour ceux qui sont paysans n’est-ce pas : « Ah dis donc, mais il y a plus de blé là-dedans ? », il faut fouiller dans la terre : « Ah si, il y a un épi là ! ». C’est aujourd’hui, ça. Alors du coup, les serviteurs se préoccupent. Les fils du Royaume se préoccupent seulement à ce moment-là. Et il ne faut surtout pas arracher l’ivraie !

C’est marrant, aujourd’hui il y a toujours des redresseurs, des Zorro, des Don Quichotte qui arrivent avec leur… comment appelles-tu cette perche-là ? « Ah moi je suis catholique donc : tagada tagada tagada tagada : contre le moulin à vent là ! Il n’y a pas de moulin à vent ? Ah flûte alors, ah je m’suis trompé ? Excusez-moi, j’ai mal interprété. » Des Zorro aussi, masqués, en pseudos : « Tagada tagada tagada tagada ! Le Pape se trompe, le Pape est un crétin, le Pape fait le mal, le Pape est un faux Pape, le Pape-ci, le Pape-là, tagada tagada tagada tagada tagada tagada ! ».

« Eh dis donc, eh ? Tu es au courant que c’est dans quelques semaines la Parousie ? Hé ho ?
- Vite, vite un défaut : faut arracher l’ivraie !
- Ah bon ?
- Mais si !
- Noooon, mais non ! Il ne faut pas que tu puisses risquer d’abîmer ne serait-ce qu’une seule miette du Royaume de l’Eucharistie. Alors l’ivraie, tu ne la regardes pas et c’est tout ! Ne t’inquiètes pas, tu continues à faire le travail. Le champ, c’est-à-dire l’Église de la Jérusalem véritable, continue à travailler, et les moissonneurs, ne t’inquiètes pas, s’en occuperont aussi. L’Avertissement arrive, il fera son ouverture. Le cinquième Sceau, ne t’inquiètes pas, se fera d’un seul coup, ça durera environ une demi-heure. En plus, ce sera rapide. Et tu n’as pas besoin de faire ta cavalcade de Don Quichotte ou de Zorro. Il faut que tu aies de l’amour pour l’innocence, et de l’amour pour le Père ! Et les deux ensemble, c’est le ministère que nous faisons dans la Messe d’aujourd’hui. »

C’est grandiose, vous savez. Dans le texte que Jésus a annoncé et que Jean-Paul II et Ratzinger à l’époque ont soulevé – c’est surtout Ratzinger qui a dit au Pape Jean-Paul II : « Oui, il faut soulever ce texte de Luisa Piccarreta, le Royaume de la Divine Volonté », pendant tout le pontificat ils ont soulevé un seul texte d’une révélation donnée à une personne privée stigmatisée –, dans ce texte de Luisa Piccarreta qui n’est pas canonisée il y a ceci : de former la Vie divine dans chaque enfant avorté, c’est notre plus grande gloire.

Je trouve ça impressionnant ! Plusieurs fois Jésus dit ça, sur dix-sept tomes. C’est notre plus grande gloire de recevoir la Vie divine en nous, jusqu’à la racine de notre conception, et surabonder et parcourir dans tout l’univers le royaume de la conception de la nature humaine tout entière, pour qu’il y ait cette Pentecôte et de là cette FOR-MA-TION eucharistique de la Vie divine dans l’âme de chaque enfant avorté.

C’est pour ça qu’à chaque fois qu’un enfant non-né donne son nom, nous célébrons une Messe de Justification pour lui, et après nous nous débrouillons, avec le Saint-Père, avec l’évêque et avec les prêtres, pour que la Messe soit célébrée chaque jour sur son prénom à lui, pour qu’il se nourrisse de l’Eucharistie tous les jours. Ça c’est bien, comme ça au moins on ne pourra pas dire : « J’étais nu et vous ne m’avez pas revêtu, j’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger ».

Nous, nous le ferons, nous l’aurons fait au moins une fois déjà. Je ne sais pas si ça se fait couramment en Afrique, mais j’espère. Si ça ne se fait pas encore, je prends autorité sur l’Afrique et j’ordonne que ça commence ! Le Monde Nouveau doit se déployer !

Et le cri silencieux du Christ sur deux mille ans doit désormais retentir dans le Saint des Saints de la Paternité de Dieu, à travers l’innocence crucifiée triomphante de ces enfants, réveillés, enfoncés en Lui à travers la grâce eucharistique du Monde Nouveau institué et mis en place par le Saint-Père, et avec toute la dévotion, la souplesse, la générosité, l’amplitude de l’Immaculée Conception dans son Mystère de Compassion.

Alors nous allumons une bougie toute neuve pour exprimer la Lumière surnaturelle de la foi à Nathanaël.

CREDO : Je crois en Dieu, le Père tout-puissant…
Justification de Nathanaël

Voilà, merci Nathanaël.
Comme c’est réconfortant !

Nous faisons cela depuis 1992. Vous voyez, c’est Cotignac qui est représenté dans le tableau en haut à gauche ; c’est là que le Pape a autorisé que nous commencions à faire pour la première fois des Messes pour la Justification des enfants.

Mon ermitage n’était pas loin, il était à trois quart d’heures, dans les Gorges du Verdon, alors pour le 28 décembre, les Saints Innocents, c’est moi qui descendais parce que les autres frères étaient beaucoup trop occupés aux affaires pastorales ; ce qui était admirable, et très édifiant aussi.

Figurez-vous qu’il venait des cars de Suisse, de Belgique… C’était le seul endroit du monde où nous le faisions, parce que c’était ad experimentum.

Combien de fois les parents, les familles qui présentaient le prénom de leur enfant sur l’Autel, combien de fois ont-ils vu avant, pendant ou après, pratiquement immédiatement, l’enfant lui-même ! Une apparition ! Ça pouvait être en songe. Combien de fois c’est arrivé, c’est incroyable !

Et moi j’ai vécu tout ça. La maman qui vient te dire : « Il y avait sept enfants de chœur qui étaient là, et sur les sept il y en avait un qui attirait mon attention. Qu’est-ce qu’il ressemble à mon troisième celui-là c’est dingue ! Et puis au moment de la communion, j’ouvre les yeux, il n’y a plus personne, et il n’est pas là. Il avait le même âge, onze ans. ».

Combien de fois ! Presqu’une fois sur deux, les parents, la famille voyaient de leurs yeux les enfants. Si c’était il y a onze ans, il avait onze ans. Et moi qui vous parle, je ne voyais pas à chaque fois, mais ça m’est arrivé une fois quand même : un enfant de ma sœur, trois ans et demi après, une petite fille. Je l’ai vue de mes yeux, c’est pour çà que je ne me moque pas de ces gens-là, je préfère qu’on se moque de moi après tout. Elle était jolie, mon Dieu ! J’ai dit ça à ma sœur : « Tu sais j’ai vu… », elle y croyait plus ou moins.

Mais le Ciel a voulu que nous posions nos regards sur eux, et puis que nous entendions leurs prénoms, et que leurs prénoms soient déposés sur l’autel, et que le Sang de Jésus les intègre et les justifie, et leur donne la grâce qu’ils n’ont pas reçue puisqu’ils n’ont pas été baptisés, et qu’ils soient intégrés dans le mouvement de charité, de lumière sacerdotale victimale, sans le caractère du baptême, et pourtant l’âme est totalement lavée de la prévarication de la transgression originelle, du péché originel.

C’est le pouvoir des clés de l’Église. C’est le Saint-Père qui en décide. Le Saint-Père, en 2001, a remercié tous les prêtres qui faisaient ce geste sacerdotal explicitement au moment du Memento. C’est pour ça. Et si on veut bien me comprendre, il est mort trois ans et demi après, mille deux cent quatre-vingt-dix jours plus tard, comme l’explique Saint Jean dans l’Apocalypse.

Alors nous allons nous y enfoncer, avec ce levain-là, pour lever les trois mesures de farine.
Troisième millénaire. Avec l’Immaculée Conception et le baptême de l’innocence.
Allons-y !